Comprendre la demande locative : état des lieux et tendances

Pour réussir un investissement locatif, il ne suffit pas d’acheter un bien “au hasard”. La demande locative varie fortement selon la typologie de logement, la localisation et le contexte économique. L’INSEE a publié que fin 2023, 40,6 % des ménages résidents en France étaient locataires de leur résidence principale (INSEE). Mais ce chiffre masque une réalité plus contrastée selon les segments. Observer les évolutions récentes est indispensable avant de se lancer.

  • Ralentissement général du marché immobilier en 2023-2024 : taux d’intérêt élevés, accès au crédit restreint et primo-accédants freinés sur l’achat, conséquence directe : augmentation de la demande locative, avec +5% en 2023 dans les grandes villes d’après LocService.
  • Marché du neuf en tension : Moins de constructions neuves (permis de construire en baisse de 27 % en un an – Fédération Française du Bâtiment), accentue la pression sur le parc existant.
  • Mutation des besoins : Explosion du télétravail, hausse du célibat, vieillissement de la population, étudiants plus mobiles : autant de facteurs qui redessinent la carte de la demande.

Quels types de logements sont les plus recherchés selon les profils de locataires ?

Pour maximiser le potentiel locatif, il est crucial de cibler le type de locataire le plus présent et le plus fiable dans la zone considérée. Voici les grandes tendances relevées sur les principales typologies.

Les studios et T1 : petits mais très demandés dans les zones tendues

  • Cible : étudiants, jeunes actifs, célibataires.
  • À Paris, 48 % des demandes concernent des appartements de moins de 30 m² (SeLoger).
  • Dans les grandes villes universitaires (Lyon, Toulouse, Lille), le taux de rotation est élevé : un bien reloué en moins de 15 jours en moyenne.
  • Points forts : faible vacance locative, rentabilité supérieure (meilleur ratio loyer/prix d’achat), gestion simplifiée.
  • Attention : turn-over important, usure plus rapide, risques accrus d’impayés pour certaines cibles.

T2/T3 : le juste compromis pour capter jeunes couples, familles et colocation

  • Les T2 représentent 29% des recherches locatives nationales (FNAIM).
  • Tendance nette à la colocation : +22% de demandes sur les T3/T4 en colocation depuis 2021 selon Appartager.
  • Meilleur équilibre entre stabilité (moins de turn-over) et amplitude de la demande.
  • Idéal aussi pour les couples séparés ou les familles monoparentales, publics de plus en plus nombreux.
  • En province : grande demande sur T3 et T4, particulièrement en périphérie des métropoles.

Les grandes surfaces : niche ou mauvais plan ?

  • Maisons, T4, T5 : nettement moins recherchés en cœur de ville (seulement 6 % de la demande à Marseille, Lyon, Bordeaux selon LocService).
  • Exceptions : marchés très tendus autour de l'Île-de-France, familles nombreuses ou expatriés (zones internationales), villes attractives pour cadres en mobilité (ex : Nantes, Strasbourg).
  • Beaucoup de maisons individuelles “en périphérie” restent 3 à 6 semaines sans locataire.

Impact de la localisation : les zones prioritaires où la demande explose

Le bien idéal à Paris n’a rien à voir avec celui qui marchera au Havre, à Dijon ou en périphérie de Nantes. Voici quelques repères chiffrés.

  • Zonage “tendu” : 70 % de la population française habite en zone tendue où la pression locative est très forte (rapport Etude FNAIM 2023).
  • Pôles universitaires : à Rennes, Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand, le taux de demandes sur les studios/t1 dépasse 52 %.
  • Bassin d’emploi dynamique : secteurs périurbains des grandes métropoles, la demande explose sur T3 et petites maisons (SCPI IEIF, chiffres 2024).
  • Villes moyennes actives : Reims, Amiens, Tours : forte demande pour T2 et T3, très faible vacance.

Neuf ou ancien : ce qui plaît (ou déplaît) aux locataires en 2024

La typologie du logement ne fait pas tout : l’état général a un fort impact sur l’attractivité et la rapidité de mise en location.

  • Neuf : Plébiscité en primo-location : 37 % des locataires préfèrent l’ancien rénové, mais 28 % se tournent vers le neuf pour le confort thermique et l’absence de travaux (source : SeLoger baromètre annuel).
  • L’ancien rénové attire pour son cachet, mais exige un bon DPE (passoires thermiques bannies sur le marché locatif dès 2025 pour les pires classements, calendrier Loi Climat).
  • Appareillage connecté : la domotique et l’équipement “clé en main” (wifi intégré, rangements astucieux, cuisine équipée) sont un critère différenciant dans les régions étudiantes et les métropoles.

Ce que recherchent vraiment les locataires en 2024

  • DPE performant : de plus en plus exigé, notamment avec le gel des loyers pour les classes F et G. Un logement avec DPE C ou mieux part 2 fois plus vite à Paris (Baromètre SeLoger juin 2024).
  • Extérieur : balcon, terrasse ou jardin, prisés tous profils confondus depuis 2020 (+21% de recherche de mots-clefs “balcon” et “jardin” sur Leboncoin en 2023).
  • Mobilier : les petites surfaces équipées sont relouées 30% plus vite et 15% plus cher (LocService).
  • Proximité transports/commerces : temps de trajet domicile-travail maximal toléré : 30 minutes porte-à-porte selon l’INED. Une station ou un arrêt mal desservi réduit de 40% les candidatures.

Conseils pratiques pour viser juste et louer vite

  • Étudiez la tension locative secteur par secteur : utilisez des outils gratuits comme MeilleursAgents ou SeLoger pour vérifier la typologie la plus en demande.
  • Ne négligez pas les niches : colocation pour étudiants ou jeunes pros, location meublée pour travailleurs saisonniers en périphérie, ou location courte durée sur secteurs touristiques (mais attention à la législation commune par commune).
  • Misez sur les petites surfaces en centre-ville si votre budget est limité et que le marché local le permet : rentabilité maximisée et revente facilitée.
  • Optimisez l’agencement : rénover pour optimiser l’espace, créer un “coin nuit” supplémentaire ou ouvrir une cuisine pour fluidifier les volumes, répond aux attentes et majore la valeur perçue.
  • Soyez attentif à la performance énergétique et à la capacité à louer en continu dans 5-10 ans avec les prochaines réglementations.

Zoom sur quelques exemples concrets en 2024

  • Lyon 7e : un T2 de 38 m² rénové avec balcon, loué 770 € CC, reçoit 24 demandes sur Leboncoin en 5 jours (source : agence Century 21 locale).
  • Lille centre : studio meublé, DPE D avec coin nuit, loyer 590 €. Reloué en 8 jours, 19 dossiers reçus.
  • Montpellier Sud : T3 en colocation proche tram, chaque chambre à 480 €, colocation relouée à chaque départ en moins de 12 jours.
  • Dijon périphérie : maison individuelle 100 m², relouée en 6 semaines après la rentrée scolaire malgré un jardin. Profil cible : cadre muté, moins de flux qu’en centre-ville.

À retenir pour bâtir votre stratégie locative en 2024

L'adéquation entre le type de logement proposé et la réalité de la demande locale est la clé. Privilégier les studios et T2 en centres urbains et villes étudiantes garantit un taux de remplissage élevé et une gestion simplifiée. Pour viser plus large, les T3 jouent la polyvalence, s’adaptant aux jeunes couples, à la colocation ou aux familles monoparentales. Dans tous les cas, la transition énergétique (DPE), la modularité et la qualité d’aménagement font la différence sur un marché où les locataires sont toujours plus exigeants. Le marché locatif évolue vite : restez informé des tendances, analysez de près la tension dans votre zone cible et n'hésitez pas à investir dans la qualité plutôt que dans la quantité : c’est ce qui fera votre succès locatif aujourd’hui et demain.

Hélène ouvre les portes de l’immobilier

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